vendredi 22 novembre 2013

Astérix chez les Pictes : avis d'un amateur



Salut les légionnaires,

La sortie de ce 35e album d'Astérix le Gaulois était l'événement BD de l'automne.
Après les échecs à répétition des albums d'Uderzo-scénariste, les amateurs de cette série-culte n'y croyaient plus vraiment, mais ce 35e album ne pouvait être pire que "Le ciel lui tombe sur la tête" : en 2005 le ciel tomba sur la tête des fans, qui tombèrent sur le cul, tandis que Goscinny se retournait dans sa tombe !

Mais la retraite de l'infortuné Albert et la reprise de la série par Jean-Yves Ferri et Didier Conrad pouvait faire renaître quelque espoir....

En effet, ce 35e épisode peut relancer la moribonde série : les dessins sont très proches de ceux d'Albert Uderzo et la qualité du scenario remonte de quelques crans.

Pour cette première, le scénariste Jean-Yves Ferri renoue avec un des principes qui fit le succès d'Astérix : ses voyages à l'étranger. On se rappelle des fabuleuses aventures du petit guerrier gaulois chez les Goths, chez les Bretons, en Hispanie, chez les Helvètes, en Corse, chez les Belges ou encore en Egypte, auprès de la belle Cléopâtre. Jean-Yves Ferri l'envoie cette fois en Ecosse à la découverte des stéréopictes des types : kilt, monstre du Loch Ness, whisky, lancer du tronc (dommage qu'il n'y ait pas d'allusion aux fantômes ou à l'avarice).

Le scenario est sympa mais moins drôle et percutant que la puissance de Goscinny. Mais peut-on chercher la comparaison avec l'incomparable génie du regretté René ?
La complicité fantastique du tandem Goscinny-Uderzo ne peut bien sûr être reproduite : Uderzo avait la capacité d'illustrer avec une extraordinaire fluidité les innombrables gags de Goscinny, sans la moindre lourdeur, en donnant notamment une expression de visage et corporelle à ses personnages qui déclenchait rires et sourires. Les répliques grandioses "Ta vie ne tient qu'à un fil, Téléféric", les situations hilarantes (l'Egyptien engagé dans la légion qui croit qu'il est en vacances), les noms des personnages (Garedefréjus, Aplusbégalix, Cathédralgothix, Fleurdelotus, etc, etc...) font partie du passé.
Astérix chez les Pictes a quelques pointes d'humour, sans plus, les personnages ont des noms plutôt fades (pas toujours évidents à interpréter, ou bien je me fais vieux), mais il faut convenir que la tâche était ardue.

Ne tirons pas sur les pianistes et saluons avec ce 35e album avec plaisir même s'il est mitigé.
Les deux nouveaux compères annoncent déjà le prochain voyage de nos deux héros au plat pays qui n'est pas le mien : "Astérix chez les Bataves" est prévu pour 2015.

Bishopkillix